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Tout commence par le dessin...
Je travaille à partir de sculptures baroques, italiennes en particulier. Pour moi leur étrange présence représente ce paradoxe d’échapper à la matérialité pesante du marbre pour faire passer une énergie intemporelle. C’est la vie même que le sculpteur a insufflée, c’est elle que j’essaie de retenir dans mes dessins.
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Cette tension très forte agite la matière et la met en mouvement. Je restitue ce mouvement avec un trait de pinceau et de l’encre de Chine sur du papier de riz. Ce support d’une extrême sensibilité enregistre à travers les hésitations, la durée comme le ferait un sismographe.
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De retour à Paris, dans mon atelier, ces dessins réalisés sur place sont le point de départ de mon inspiration et de multiples développements. Selon le cas, je réalise des peintures ou des installations.
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Je travaille mes peintures sur des panneaux de bois, ce qui me permet de maroufler les dessins sur papier de riz à la colle de peau et ainsi de les associer à la matière picturale.
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Dans la série de peintures "Lever de rideau" inspirée par mes voyages vénitiens, j’ai composé des sortes de polyptyques. Ceux-ci formés de strates horizontales se déploient sur un axe vertical. L’intemporalité qui se dégage des dessins est confrontée au fugitif des scènes de vie saisies durant mes errances dans le dédale de la cité labyrinthique.
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Dans les installations réalisées dans l’espace de vastes églises, mes dessins sont réinterprétés dans une dimension monumentale. Le support translucide laisse apparaître une texture qui est le seul indice de sa matérialité. La verticalité omniprésente dans mes compositions picturales est ici exacerbée dans une quête de spiritualité.
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Mon travail d’édition réalisé en collaboration avec des poètes m’a offert le plaisir de rechercher des affinités entre les textes et le dessin.
"Icare" 2015, 160 x 100 cm